Le Rendez-Vous des Voyageurs

Le grésillement du narghilé et jusqu’aux sous qui sonnaient dans ma poche, devenaient les éléments d’une pièce où j’étais venu, à travers bien des obstacles, tenir mon rôle à temps.


Nicolas Bouvier, L’Usage du monde

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Turquie entre rêve et réalité, Turquie entre Occident et Orient (par François Anfosso)
jeudi 7 mars -  mardi 12 mars - 

« T’es fou d’aller en Turquie avec ce qui s’y passe et puis la Syrie, les attentats ! ». J’ai voulu y voir de moi-même, poser mes pas sur la terre ocre des Cappadoce, aux paysages de tarte à la crème. Je rêvais de randonner sur la voie lycienne, qui regorge de criques isolées enchâssées dans un écrin de verdure, de prendre le temps pour se relier avec ses cultures de l’antiquité. J’ai aussi grimpé, sué, et soufflé sur les pentes désertiques des Monts Taurus. Parfois derrière un rocher, je m’attendais à voir surgir, les bandits, accompagnant « Mehmed le mince », le berger rebelle au pouvoir de l’Aga ottoman, de l’écrivain Yachar Kemal. Je ne pouvais quitter ce pays magnifique sans me perdre dans Istanbul la tentaculaire, qui fut la Byzance grecque, l’ancienne Constantinople des romains, sans contempler les icônes de l’art byzantin, sans fouler les tapis des mosquées des sultans, sans sentir la force des courants, en traversant le détroit du Bosphore, j’avais un pied en Europe, et un en Asie. J’ai essayé de comprendre pourquoi nos dirigeants ont refusé l’entrée de la Turquie dans l’Europe alors que son histoire est pour les trois quarts européenne. Je me suis perdu souvent, dans les ruelles des quartiers du grand Bazar, de l’antique route de la soie. J’ai pris l’ancien tramway français qui mène à la tour de Galata, hier quartier malfamé, aujourd’hui, vitrine de la modernité, centre des affaires. Encore une fois le Voyage m’a permis de confirmer que la vérité n’est pas unique.« T’es fou d’aller en Turquie avec ce qui s’y passe et puis la Syrie, les attentats ! ». J’ai voulu y voir de moi-même, poser mes pas sur la terre ocre des Cappadoce, aux paysages de tarte à la crème. Je rêvais de randonner sur la voie lycienne, qui regorge de criques isolées enchâssées dans un écrin de verdure, de prendre le temps pour se relier avec ses cultures de l’antiquité. J’ai aussi grimpé, sué, et soufflé sur les pentes désertiques des Monts Taurus. Parfois derrière un rocher, je m’attendais à voir surgir, les bandits, accompagnant « Mehmed le mince », le berger rebelle au pouvoir de l’Aga ottoman, de l’écrivain Yachar Kemal. Je ne pouvais quitter ce pays magnifique sans me perdre dans Istanbul la tentaculaire, qui fut la Byzance grecque, l’ancienne Constantinople des romains, sans contempler les icônes de l’art byzantin, sans fouler les tapis des mosquées des sultans, sans sentir la force des courants, en traversant le détroit du Bosphore, j’avais un pied en Europe, et un en Asie. J’ai essayé de comprendre pourquoi nos dirigeants ont refusé l’entrée de la Turquie dans l’Europe alors que son histoire est pour les trois quarts européenne. Je me suis perdu souvent, dans les ruelles des quartiers du grand Bazar, de l’antique route de la soie. J’ai pris l’ancien tramway français qui mène à la tour de Galata, hier quartier malfamé, aujourd’hui, vitrine de la modernité, centre des affaires. Encore une fois le Voyage m’a permis de confirmer que la vérité n’est pas unique.

 

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