Le Rendez-Vous des Voyageurs

Il n’y a d’homme que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie


Alphonse de Lamartine

La vie chez les Bushmen (par Chantal Craipeau)
du vendredi 1er janvier au dimanche 31 janvier 2010

« Au commencement, me disait ma mère, étaient les Bushmen - de pacifiques chasseurs à la peau dorée, également appelés Khoisan ou San. »
Extrait du livre « récits familiaux » de Rupert Isaacson

Les Bushmen sont les plus anciens habitants de l’Afrique australe où ils vivent depuis au moins
20 000 ans.
Leur habitat est le vaste désert du Kalahari et le Bushmanland.
Ils se définissent comme « ceux qui suivent l’éclair » en se déplaçant en fonction des pluies pour se nourrir de fruits, de racines et de gibier. Aujourd’hui, les Bushmen n’ont pour la plupart pu conserver un mode de vie traditionnel.
Ils sont regroupés dans de petits villages de huttes dans les plaines immenses du Bushmanland.
Ce peuple nomade de chasseurs-cueilleurs occupait jadis toute l’ Afrique australe .
L’arrivée successive des Bantous , agriculteurs sédentaires, et des Hottentots vivant d’élevage et parlant une langue de la même famille, a décimé cette population et l’a repoussée vers des terres de plus en plus ingrates. L’arrivée des Hollandais ( Boers ) et huguenots au XVII e siècle puis des Britanniques acheva de les réduire à la misère en les chassant de leurs terres ancestrales.
Au XVIII e siècle , les fermiers se regroupaient en milice ( kommando ) qui lancèrent des expéditions punitives sur les Bochimans ] .
Aujourd’hui relégués sur l’une des terres les plus ingrates du monde, le Kalahari , les Bochimans risquent encore de devoir déguerpir pour le motif avoué du gouvernement du Botswana de les intégrer aux bienfaits de la civilisation mais, selon les intéressés, pour laisser la place à la prospection diamantaire que projetterait la De Beers .
En 1991 , le Botswana Christian Council a publié un rapport à propos d’une affaire concernant des Bochimans suspectés de chasser sur une propriété privée et qui ont été appréhendés et torturés par des gardes des parcs nationaux.

En 1997 , beaucoup furent expulsés de chez eux dans le Kalahari et ceux qui sont restés ont subi des diminutions draconiennes de leur territoire de chasse, un harcèlement continuel et des tortures. Au début de l’année 2002 , le harcèlement s’est intensifié : les pompes à eau ont été détruites, les réserves d’eau vidées dans le désert et la chasse et la cueillette interdites. Pratiquement tous les Bochimans ont alors été expulsés de la Réserve du Kalahari mais un grand nombre d’eux sont depuis retournés sur leurs terres et beaucoup d’autres veulent en faire autant.
Les raisons de cette expulsion mises en avant diffèrent grandement selon les partis. Le gouvernement botswanais mettait en avant le fait que les Bochimans ne vivaient plus selon leurs traditions, élevant du bétail, et troublaient ainsi l’équilibre écologique de la réserve. L’ ONG britannique Survival International soupçonne quant à elle des intérêts liés aux mines de diamants . En 2006, un tribunal botswanais a reconnu l’illégalité et l’inconstitutionnalité de l’expulsion des Bochimans de la réserve animale du centre du Kalahari. Le gouvernement ne semble cependant pas enclin à leur faciliter la tâche, il n’a pas obligation de rétablir les services de base dans la région (eau). Fin 2007, Les Bochimans ont annoncé au Botswana qu’ils intenteraient un nouveau procès au gouvernement s’ils ne peuvent retourner sur leur territoire .

Chantal CRAIPEAU
Photographe amateur, parcourt
Le monde dés qu’elle le peut….

 
Livre d'or